POURQUOI DES THÉS PROVENANT D’ARBRES SAUVAGES ET DE VIEUX ARBRES ?

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La réponse courte serait : imaginez que les plantes sont des gens. Vous faites des affaires avec eux, les
laissez entrer chez vous et discutez un moment avec eux. Qui préféreriez-vous fréquenter ? Du monde sur les nerfs, irritable, facilement offusqué et bruyant ? Ou du monde mature et décontracté, à la présence agréable, qui vous met à l’aise et avec qui vous pouvez naviguer en eau profonde ?

C’est là une comparaison stéréotypée et imparfaite, mais c’est pour illustrer que le thé est une plante, et
qu’une plante est une créature vivante. En l’infusant et en l’ingérant, nous faisons une sorte d’alliance à
court terme avec elle. Nous la laissons entrer. Le thé nous affecte, et il le fait de façon différente s’il s’agit d’un sachet de thé produit à grande échelle et fait de plants jeunes et stimulés chimiquement, ou s’il s’agit d’un thé en feuilles de qualité provenant de spécimens matures et/ou sauvages. De ce point de vue, il apparaît évident de se soucier de qui sont, ou de ce que sont, ces invités que nous infusons.

Les théiers sauvages se caractérisent par leur vigueur, leur résilience et leur puissance. Naturellement
adaptés à leur environnement, l’intervention de l’homme sur eux est minimale ou même inexistante. Ils
poussent et se développent à un rythme naturel et sont entourés d’une variété de plantes et d’arbres, pas seulement de leurs clones.

Les vieux spécimens ont eu le temps de se développer pleinement et d’arriver à maturité. Leurs racines
sont profondes, ce qui leur permet d’aller chercher davantage de minéraux dans le sol et de les intégrer
dans leurs feuilles. Tout comme un écosystème mature, ils ont eu le temps de stabiliser leur chimie et de trouver la paix au sein de leur environnement.

Théiers sauvages dans Doi Mae Salong

Je me suis rendu compte, tout au long de mon voyage à la découverte du thé, que les thés sauvages ont un impact différent sur moi : ils ont tendance à me centrer et à me calmer, plutôt qu’à avoir un effet
excitant et irritant.

Les Chinois parlent de « Cha Xi ». L’énergie du thé. Pour ceux qui ont plutôt un esprit scientifique, c’est
quelque chose qui s’observe dans les composants moléculaires des feuilles : il y a souvent davantage de polyphénols, de catéchines et théaflavines, et de minéraux dans les théiers sauvages et anciens.
Mais aussi, pour ceux qui sont plutôt intuitifs, il s’agit d’une expérience directe : celle d’un effet calmant
sur le système nerveux doublé d’une douce stimulation du cerveau.

Théiers sauvages dans les environs de Chiang Rai (utilisés pour le thé blanc sauvage)

Les thés d’arbres sauvages et anciens sont par ailleurs délicieux. Ils sont souvent plus complexes dans le cas des arbres sauvages et plus doux ou ronds dans le cas des vieux arbres (les jeunes plants tendent à avoir beaucoup de théobromine et de théophylline, composés responsables du degré de caféine et de l’amertume, et ceci s’adoucit avec le vieillissement de l’arbre).

Les thés provenant d’arbres anciens ou d’arbres sauvages appartiennent à un marché haut de gamme étant donné qu’ils sont plus difficiles à récolter (il faut souvent grimper sur l’arbre pour en cueillir les feuilles) et offrent une récolte peu abondante en regard du travail nécessaire. En les valorisant, on contribue aussi à préserver des forêts qui autrement seraient remplacées par des plantations.

Les produits artisanaux, naturels et biologiques, et de belle qualité sont ceux qui m’ont toujours le plus
intéressé. C’est la raison pour laquelle je les ai cherchés ici, en Thaïlande.

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